Norme NF C71-830 : Éclairage

La réglementation des BAES, les blocs autonomes d’éclairage de sécurité, tient en deux textes selon le bâtiment. Dans un établissement recevant du public, le règlement de sécurité de l’arrêté du 25 juin 1980 fixe où l’éclairage de sécurité est obligatoire (article EC 8) et impose à l’exploitant un essai chaque mois, un essai d’autonomie d’une heure tous les six mois (article EC 14) et une vérification annuelle de l’installation (articles EC 15 et EL 19). Sur un lieu de travail, c’est l’article R.4227-14 du Code du travail, précisé par l’arrêté du 14 décembre 2011.
La norme NF C 71-830 (août 2003) décrit la maintenance des BAES et des BAEH, à l’exclusion des installations d’éclairage de sécurité à source centralisée. Les blocs eux-mêmes répondent à la norme européenne NF EN IEC 60598-2-22 et aux normes NF C 71-800 pour l’évacuation et NF C 71-801 pour l’ambiance, dont une nouvelle édition est parue en décembre 2025 à côté de celle de 2000 que cite le règlement des ERP. Cette fiche reprend ces règles une à une, du choix du matériel jusqu’au registre de sécurité.
Qu’est-ce qu’un BAES ?
Un BAES (Bloc Autonome d’Éclairage de Sécurité) est un appareil lumineux qui fonctionne sur batterie. En cas de coupure de courant, il s’allume automatiquement pour :
- Signaler les sorties et les chemins d’évacuation (pictogramme vert « bonhomme qui court »)
- Éclairer les couloirs suffisamment pour que les personnes puissent se déplacer en sécurité
En temps normal, le BAES est branché sur le secteur et recharge silencieusement sa batterie. Il est en veille, prêt à s’allumer en une fraction de seconde dès que l’alimentation principale est interrompue. C’est un gardien discret mais indispensable.
BAES ou LSC, deux façons de produire l’éclairage de sécurité
Le règlement fixe un résultat, pas une technique.
Le BAES réunit dans son boîtier la batterie, le chargeur, la lampe et la détection de coupure, et chaque bloc se pose et se remplace indépendamment des autres.
Avec les LSC, luminaires sur source centralisée, une source de sécurité unique, le plus souvent une batterie installée dans un local technique, alimente par un réseau dédié tous les luminaires du bâtiment. L’entretien se concentre alors sur la source, au prix d’un investissement plus lourd et d’un local à lui réserver, ce qui destine plutôt cette solution aux grands ensembles.
La norme NF C 71-830 ne vise que les blocs autonomes. Une installation à source centralisée a ses propres essais, et comme toute installation d’éclairage elle passe chaque année la vérification prévue par l’article EC 15. La suite de cette fiche porte sur les BAES.
Les deux types de BAES
BAES d’évacuation
Ce sont les plus visibles, les blocs verts avec le pictogramme de sortie. Ils sont placés au-dessus des portes de sortie, aux changements de direction et à chaque intersection de couloir, pour indiquer clairement le chemin vers l’extérieur. Ils émettent un flux lumineux d’au moins 45 lumens pendant une heure minimum (article EC 9). Dans un ERP, l’éclairage d’évacuation est exigé dans les locaux recevant 50 personnes ou plus, ainsi que dans ceux de plus de 300 m² en étage ou au rez-de-chaussée et de plus de 100 m² en sous-sol (article EC 8).
BAES d’ambiance (ou anti-panique)
Obligatoires dans tout local ou hall dont l’effectif peut atteindre 100 personnes en étage ou au rez-de-chaussée, ou 50 personnes en sous-sol (article EC 8), le seuil portant sur l’effectif et jamais sur la surface, ils fournissent un éclairage diffus qui permet à chacun de garder ses repères. L’objectif n’est pas de montrer la sortie, mais d’éclairer assez pour que chacun se déplace sans se bousculer. Ils doivent assurer un minimum de 5 lumens par mètre carré de surface du local, avec des foyers lumineux espacés d’au plus quatre fois leur hauteur au-dessus du sol (article EC 10).
Qui est concerné par la réglementation des BAES
Les établissements recevant du public
Le règlement de sécurité des ERP raisonne local par local, avec les seuils d’effectif et de surface rappelés plus haut. Les petits établissements de 5e catégorie relèvent de dispositions allégées, propres à leur catégorie. Chaque fiche de type d’ERP de cette rubrique rappelle ce qui s’applique à son activité.
Les lieux de travail
Pour les salariés, l’obligation vient de l’article R.4227-14 du Code du travail, qui demande un éclairage de sécurité permettant d’évacuer les personnes en cas d’interruption accidentelle de l’éclairage normal. L’arrêté du 14 décembre 2011 en fixe les modalités et renvoie, pour les blocs, aux normes de la série NF C 71-800. Un magasin ou un restaurant, qui reçoit du public et emploie des salariés, relève des deux textes à la fois (voir les obligations de l’employeur en sécurité incendie). Les immeubles d’habitation ont leur propre régime et leurs propres blocs, les BAEH, présentés plus bas.
Une heure d’autonomie, la règle de base
L’autonomie minimale d’une heure des BAES est une exigence de la réglementation des ERP, reprise par l’article EC 14 de l’arrêté du 25 juin 1980 qui impose de la vérifier périodiquement. La norme NF C 71-830 décrit, elle, les opérations de maintenance qui permettent de garantir cette autonomie dans le temps. Cela peut sembler court, mais c’est largement suffisant pour évacuer un bâtiment, même de grande taille, et laisser aux secours le temps d’arriver.
Cette heure est celle d’une batterie en bon état. Une batterie vieillissante peut tomber en dessous du seuil, et c’est précisément ce que l’essai semestriel permet de repérer.
Où installer les BAES
L’emplacement des BAES suit une logique simple, en plaçant un bloc partout où une personne pourrait hésiter sur le chemin à prendre le long des dégagements et issues de secours. On en trouve ainsi :
- Au-dessus de chaque porte de sortie et de chaque issue de secours
- À chaque changement de direction dans les couloirs
- À chaque intersection de couloirs
- À chaque changement de niveau (escaliers)
- Le long des couloirs, avec 15 mètres au plus entre deux foyers lumineux d’évacuation (article EC 9)
La hauteur d’installation recommandée est comprise entre 2 et 2,50 mètres du sol, de manière à être visible même dans un couloir enfumé (la fumée monte au plafond, les BAES doivent rester visibles en dessous).
Une cloison ajoutée ou un rayonnage déplacé peuvent masquer un bloc ou créer un changement de direction qui n’en a pas. Après des travaux d’aménagement, l’implantation se relit sur le nouveau plan.
Les vérifications obligatoires
Dans les établissements recevant du public, l’article EC 14 de l’arrêté du 25 juin 1980 impose deux vérifications à des rythmes différents, l’une chaque mois, l’autre tous les six mois.
Vérification mensuelle (passage en fonctionnement)
Chaque mois, le responsable de l’établissement (ou une personne désignée) doit couper l’alimentation normale pour vérifier que chaque bloc passe bien en position de fonctionnement et que toutes les lampes s’allument, puis s’assurer du retour à l’état de veille. À cette occasion, il convient de :
- Vérifier que tous les BAES sont en veille et signalés comme tels (voyant vert ou LED visible)
- S’assurer qu’aucun BAES n’affiche un défaut (voyant rouge)
- Contrôler qu’aucun BAES n’est masqué, décroché ou endommagé
C’est un contrôle rapide, comparable à vérifier que tous les feux de votre voiture fonctionnent avant un long trajet.
Vérification semestrielle (autonomie d’une heure)
Tous les six mois, l’autonomie d’au moins une heure doit être vérifiée. L’exploitant peut s’en charger lui-même ou profiter de ce passage pour confier à un technicien qualifié un contrôle plus approfondi :
- Test d’autonomie : le BAES est mis sur batterie pendant sa durée nominale (1 heure) pour vérifier que la batterie tient
- Contrôle de l’intensité lumineuse : le flux lumineux doit rester conforme aux exigences
- Inspection du boîtier : pas de jaunissement excessif (les BAES jaunissent avec le temps, réduisant leur efficacité lumineuse)
- Vérification de la signalétique : les pictogrammes doivent être lisibles et normalisés
- Seul l’essai d’autonomie est imposé par l’arrêté. Le contrôle du flux lumineux, l’inspection du boîtier et la remise en état relèvent des bonnes pratiques de maintenance décrites par la norme NF C 71-830, ou du contrat d’entretien
Vérification annuelle de l’installation
Les essais de l’exploitant ne remplacent pas la vérification périodique. Chaque année, l’installation d’éclairage de sécurité est vérifiée dans les conditions de l’article EL 19, auquel renvoie l’article EC 15. Elle prend place dans le calendrier des vérifications techniques périodiques de l’établissement, et son rapport rejoint le registre de sécurité.
Les blocs à test automatique intégré (SATI)
L’article EC 14 permet que l’essai mensuel et l’essai d’autonomie semestriel soient faits automatiquement par des blocs équipés d’un système automatique de test intégré, conforme à la norme NF C 71-820. Le bloc se teste seul et signale par un voyant tout défaut de lampe ou de batterie, certains modèles adressables remontant leur état vers une centrale. Il reste à l’exploitant à relever les voyants, à faire traiter les défauts et à noter le tout au registre. Sur un parc de plusieurs dizaines de blocs, le gain de temps est réel.
Remplacement des batteries
Les batteries des BAES ont une durée de vie de 4 à 5 ans en moyenne. Au-delà, elles tiennent de moins en moins souvent l’heure d’autonomie. Le règlement de sécurité n’impose pourtant pas de date de remplacement, c’est le résultat de l’essai semestriel qui décide. Une batterie de six ans qui tient l’heure reste en service, une batterie de trois ans qui ne la tient plus se change. Le remplacement de la batterie est une opération simple et peu coûteuse, bien préférable au remplacement du bloc complet.
Les BAES eux-mêmes sont généralement remplacés au bout de 8 à 10 ans, lorsque le boîtier est trop jauni, les LED fatiguées, ou que les batteries de remplacement ne sont plus disponibles.
CIRCOFEU vous accompagne pour le remplacement de vos BAES et batteries avec des produits conformes aux normes en vigueur.
Différence entre BAES et BAEH
On confond souvent ces deux acronymes, qui ont pourtant des fonctions bien distinctes.
- BAES (Bloc Autonome d’Éclairage de Sécurité) : conçu pour l’évacuation. Autonomie d’une heure. S’allume en cas de coupure de courant.
- BAEH (Bloc Autonome d’Éclairage pour Habitations) : conçu pour les parties communes d’immeubles d’habitation. Autonomie de 5 heures. S’allume également en cas de coupure de courant, mais avec un éclairage adapté aux circulations résidentielles. Sa norme produit est la NF C 71-805.
Il existe aussi des blocs bi-fonction BAES + BAEH qui combinent les deux fonctionnalités en un seul appareil, pratique pour les bâtiments mixtes (commerces en rez-de-chaussée, habitations aux étages).
Les cas particuliers
Les bâtiments anciens et patrimoniaux
Dans une chapelle, un château ou une salle aux décors classés, le bloc blanc standard détonne. Il existe des modèles encastrés, de teinte sombre ou de forme plus discrète, soumis aux mêmes exigences de lisibilité, de flux et d’autonomie. Le choix se fait avec l’architecte du lieu, avant la pose.
Les locaux électriques
Le local du tableau général ou du transformateur est celui où l’on intervient pendant la coupure. On y installe couramment un bloc autonome portable d’intervention (BAPI), une lampe rechargeable fixée près de l’accès que le technicien décroche pour travailler. L’exigence exacte dépend du régime du bâtiment.
Les ateliers et entrepôts
Un atelier ou un entrepôt sans public relève du seul Code du travail et de l’arrêté du 14 décembre 2011. On y surveille surtout les allées de stockage, dont le tracé change avec les rayonnages, et les grands volumes, où la hauteur complique la pose comme l’entretien.
Le registre de sécurité, la trace de chaque essai
Chaque essai, mensuel comme semestriel, doit être consigné dans le registre de sécurité de l’établissement, et le rapport de la vérification annuelle y est joint. On y note la date du contrôle, les anomalies constatées, les corrections apportées et la signature de la personne qui a vérifié.
En cas de visite de la commission de sécurité, c’est ce registre qui prouvera votre diligence. Sans trace écrite, même si vous avez fait les vérifications, c’est comme si vous ne les aviez pas faites.
Les écarts qui reviennent le plus souvent
Les défauts relevés sur l’éclairage de sécurité sont presque toujours simples à corriger, à condition de les repérer.
- Un bloc masqué par un présentoir, une affiche ou une décoration
- Des essais mensuels faits mais non notés au registre
- Un voyant de défaut allumé depuis des semaines sans que personne l’ait signalé
- Un pictogramme jauni ou devenu peu lisible
- Une implantation restée celle d’avant les travaux
Questions fréquentes sur la réglementation des BAES
Quelle différence entre la NF C 71-830 et la NF C 71-800 ?
La NF C 71-800 fixe ce que doit savoir faire un BAES d’évacuation en tant que produit, la NF C 71-801 un BAES d’ambiance et la NF C 71-805 un BAEH. La NF C 71-820 définit le test automatique intégré. La NF C 71-830 décrit la maintenance des BAES et des BAEH une fois posés, c’est donc la norme de référence pour leur vérification.
Mon BAES affiche un voyant rouge, que faire ?
Un voyant de défaut signale le plus souvent une batterie en fin de vie, mal connectée ou absente, parfois une lampe hors service, la couleur et le clignotement variant selon les fabricants. Dans les deux cas, le bloc risque de ne pas s’allumer en cas de coupure de courant. Faites-le réparer sans attendre la prochaine vérification et notez-le dans votre registre de sécurité.
Les BAES sont-ils obligatoires dans les bureaux ?
Oui. Le Code du travail (article R.4227-14) impose que les établissements disposent d’un éclairage de sécurité permettant d’assurer l’évacuation des personnes en cas d’interruption accidentelle de l’éclairage normal. Cet article clôt la section consacrée aux dégagements (articles R.4227-4 à R.4227-14), dont l’article R.4227-4 pose le principe que les dégagements doivent toujours rester libres. Les bureaux sont donc concernés, et ceux qui reçoivent du public, classés ERP de type W, suivent en plus le règlement de sécurité des ERP.
Peut-on utiliser des BAES à LED pour remplacer d’anciens modèles à tube fluorescent ?
Absolument, et c’est même recommandé. Les BAES à LED sont plus économes en énergie, durent plus longtemps et offrent un meilleur rendu lumineux. Assurez-vous simplement que le modèle de remplacement répond à la norme produit de sa fonction, NF C 71-800 pour l’évacuation ou NF C 71-801 pour l’ambiance, et offre un flux lumineux au moins équivalent à l’ancien.
Faut-il changer les batteries des BAES tous les quatre ans ?
Non, le règlement de sécurité des ERP ne fixe pas de durée. Quatre à cinq ans est une durée de vie habituelle, souvent prise comme repère de maintenance, pas une échéance réglementaire. Ce qui compte, c’est que le bloc tienne l’heure d’autonomie lors de l’essai semestriel. S’il ne la tient plus, la batterie se change, quel que soit son âge.
Combien coûte la maintenance des BAES ?
Le coût dépend du nombre de blocs à vérifier. Pour un devis adapté à votre établissement, utilisez notre simulateur de devis en ligne ou contactez-nous directement. Le tarif comprend la vérification complète et le rapport détaillé. Le déplacement est facturé à part, une seule fois par an, et partagé avec les autres équipements vérifiés lors de la même visite.
Vérification et remplacement de vos BAES avec CIRCOFEU
CIRCOFEU assure l’accompagnement de la vérification mensuelle, la vérification semestrielle d’autonomie et le remplacement de vos blocs d’éclairage de sécurité en Île-de-France et dans l’Oise, depuis Neuilly-sur-Marne, avec un rapport à joindre au registre après chaque passage.


