Norme NF S62-200 : les poteaux et bouches d’incendie

Quand un camion de pompiers arrive sur les lieux d’un incendie, la première chose qu’il cherche, c’est de l’eau. Les poteaux et bouches d’incendie sont les stations-service des pompiers.
Poteau vs bouche d’incendie
Poteau : borne verticale rouge visible hors sol. Bouche : enterrée, sous un couvercle métallique. Le poteau est plus visible, la bouche plus discrète.
Où se trouve vraiment la règle
La défense extérieure contre l’incendie relève du Code général des collectivités territoriales (articles L.2225-1 et R.2225-9), du décret n° 2015-235 du 27 février 2015 et de l’arrêté du 15 décembre 2015. Le décret de 2015 a abrogé la circulaire interministérielle du 10 décembre 1951 : on la voit encore citée, elle n’est plus en vigueur.
Le texte qui s’applique concrètement à votre commune est le règlement départemental de défense extérieure contre l’incendie, le RDDECI, arrêté par le préfet. À Paris et dans les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne, c’est le règlement interdépartemental de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris qui tient ce rôle.
La norme NF S 62-200 est d’application volontaire : elle décrit les règles d’installation et de contrôle, elle ne les impose pas. Les caractéristiques des appareils eux-mêmes relèvent de NF EN 14384 pour les poteaux et de NF EN 14339 pour les bouches.
Exigences techniques usuelles
Ces valeurs sont celles du référentiel national, reprises par la grande majorité des RDDECI. C’est toutefois le règlement départemental qui fait foi, et il peut être plus exigeant :
- Débit de référence : 60 m³/h pendant 2 heures pour un risque courant, soit 120 m³ utilisables. Certains RDDECI descendent à 30 m³/h en habitat isolé, et montent à 120 m³/h pour les entrepôts, les industries et les ERP de grande capacité.
- Pression minimum : 1 bar en dynamique, au débit requis
- Distance à l’entrée du bâtiment : de l’ordre de 200 m en zone urbaine, jusqu’à 400 m en zone rurale, et resserrée à 100 m, parfois 60 m, pour les risques particuliers
Responsabilité : commune ou propriétaire ?
La défense extérieure contre l’incendie est un service public placé sous l’autorité du maire, qui reste l’interlocuteur officiel même pour les appareils privés. La charge financière, elle, se partage : les appareils implantés sur le domaine public sont à la charge de la commune ou de l’intercommunalité, ceux implantés sur un terrain privé, site industriel ou grand ERP, sont à la charge du propriétaire.
Les contrôles périodiques
Les points d’eau incendie font l’objet de contrôles techniques périodiques au titre de l’article R.2225-9 du CGCT. Il n’existe pas de périodicité nationale unique : c’est le RDDECI de votre département qui fixe la fréquence et les modalités. La pratique la plus répandue associe un contrôle visuel annuel et une mesure de débit et de pression tous les trois ans.
Sur un réseau privé, l’obligation de contrôle et son rythme découlent selon les cas du permis de construire, d’une prescription au titre des installations classées, ou du contrat d’assurance.
Le contrôle porte sur l’accessibilité, la signalisation, la mesure du débit et de la pression, l’état mécanique et la vidange automatique qui protège l’appareil du gel. Chaque contrôle donne lieu à un compte rendu transmis à l’autorité chargée de la défense extérieure contre l’incendie.
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