Norme NF S61-933 : le désenfumage décrypté

Imaginez un bâtiment en feu. En quelques minutes, une fumée noire, épaisse et toxique envahit les couloirs. Lors d’un incendie, c’est la fumée qui tue dans 80 % des cas, bien avant les flammes. Le désenfumage, c’est le poumon de votre bâtiment.
Ce que dit vraiment la norme NF S 61-933
La norme NF S 61-933 est le référentiel d’exploitation et de maintenance des systèmes de sécurité incendie, désenfumage compris. Comme toute norme NF, elle est d’application volontaire : elle ne crée pas l’obligation, elle décrit comment faire. L’obligation, elle, vient du règlement de sécurité des ERP, arrêté du 25 juin 1980, articles DF, et du Code du travail pour les lieux de travail (articles R.4216-13 à R.4216-16, dont il faut savoir qu’ils sont abrogés au 1er janvier 2027 par le décret n° 2025-1100 du 19 novembre 2025, les règles passant au Code de la construction).
À ne pas confondre avec NF S 61-937, qui porte sur les dispositifs actionnés de sécurité (volets, exutoires, clapets). C’est une norme produit : elle ne fixe aucune périodicité de vérification. Les règles de dimensionnement du désenfumage en ERP relèvent quant à elles de l’instruction technique IT 246, annexée à l’arrêté du 22 mars 2004.
Désenfumage naturel vs mécanique
Désenfumage naturel : la force de la physique
L’air chaud monte. Les fumées chaudes s’élèvent vers le plafond. Les exutoires de toiture et ouvrants en façade les laissent s’échapper. Des amenées d’air en partie basse créent un courant ascendant, leur surface libre devant au moins égaler celle des exutoires (IT 246). Fonctionne sans électricité.
Désenfumage mécanique : la puissance des ventilateurs
Pour les sous-sols et parkings sans accès au toit. Les ventilateurs doivent continuer à fonctionner dans des fumées chaudes : leur classe de tenue en température est fixée par le dimensionnement de l’installation et figure sur leur marquage.
Où le désenfumage est-il obligatoire ?
Les seuils sont fixés par l’article DF 7 du règlement de sécurité des ERP :
- Locaux de plus de 300 m² en rez-de-chaussée ou en étage
- Locaux de plus de 100 m² en sous-sol
- Locaux aveugles de plus de 100 m², quel que soit le niveau
- Escaliers encloisonnés, circulations de plus de 30 m, atriums
- Parkings couverts
Sur les lieux de travail, les mêmes ordres de grandeur se retrouvent à l’article R.4216-13 du Code du travail.
Les vérifications
La vérification est annuelle et relève de l’article DF 10 : fonctionnement des exutoires et ouvrants, état des joints, essai des ventilateurs, commandes automatiques et manuelles, mesures de pression et de débit sur les installations mécaniques. Elle est réalisée par un technicien qualifié.
S’y ajoute une vérification triennale par un organisme agréé lorsque le désenfumage est mécanique et que le bâtiment est équipé d’un SSI de catégorie A ou B (toujours article DF 10). Cet agrément est délivré par le ministère de l’Intérieur : cette vérification-là ne se confond pas avec la maintenance annuelle et doit être commandée par l’exploitant.
Les rapports sont consignés dans le registre de sécurité, obligatoire dans les ERP au titre de l’article R.143-44 du Code de la construction et de l’habitation.
FAQ
Mon bâtiment fait moins de 300 m². Suis-je concerné ?
Un local de moins de 300 m² en rez-de-chaussée, sans sous-sol et éclairé naturellement échappe généralement à l’obligation. Attention toutefois : un local aveugle de plus de 100 m², un escalier encloisonné ou une circulation de plus de 30 m restent concernés, et le règlement propre à votre type d’ERP peut ajouter ses propres exigences.
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