Sécurité Incendie dans les Hauts-de-Seine (92)
Tout a commencé en avril 2026 par une vérification d’extincteurs dans les Hauts-de-Seine (92), sur un établissement hôtelier et de loisirs de Rueil-Malmaison réparti en plusieurs bâtiments. La commission de sécurité devait passer le 7 mai. Entre les deux, le chantier de sécurité incendie dans le 92 a pris une autre ampleur, et ce qui suit le raconte dans l’ordre où il s’est déroulé, depuis notre siège de Neuilly-sur-Marne jusqu’aux toitures du site.
Avril, le premier tour du site
La première visite avait un objectif simple, tout voir avant de décider quoi que ce soit. Nous avons vérifié 120 équipements, les extincteurs, les portes coupe-feu et le désenfumage, bâtiment après bâtiment. Le tour a demandé deux visites et 23 heures sur place au total. Sur un site de plusieurs bâtiments, chaque constat est rattaché à son bâtiment et à son emplacement, sinon la liste devient vite impossible à exploiter par ceux qui devront la reprendre.
Les extincteurs ont été examinés selon la norme NF S 61-919, un par un, avec leur emplacement, leur état et leur accès. Une porte coupe-feu se vérifie en la laissant se fermer seule, jusqu’en butée. Le désenfumage, lui, se juge sur un ouvrant qui bouge, pas sur un voyant.
Au bout de ces deux visites, 34 équipements sur 120 étaient déclarés non conformes. Pris seul, ce chiffre dit peu de chose. Ce qui sert à l’exploitant, c’est la ligne du rapport consacrée à chacun d’eux, l’endroit, le défaut, ce qu’il faut faire. C’est sur cette liste que se décide la suite.
Les réserves à lever avant le 7 mai
Avant la commission, un bureau de contrôle avait rendu ses réserves sur les extincteurs. Elles étaient précises. Certains appareils avaient plus de dix ans. D’autres avaient été déclarés inutilisables, dont un extincteur corrodé dans un vestiaire. Quelques-uns étaient posés au sol, faute de support. Un appareil au sol se déplace, finit derrière une porte ou un chariot, et n’est plus à l’endroit où le plan l’attend. Dans un bâtiment enfin, des appareils n’avaient plus été vérifiés depuis 2024.
En établissement recevant du public, les extincteurs relèvent des articles MS 38 et MS 39 du règlement de sécurité. La commission de sécurité visite l’établissement puis rend un avis, et c’est le maire qui décide ensuite. Une réserve écrite se lève avant ce passage, par un fait que chacun peut constater sur place.
Nous avons donc remplacé dix extincteurs, six à eau de 6 litres sans fluor, trois au CO2 de 2 kg et un au CO2 de 5 kg. Le CO2 ne laisse aucun résidu et ne conduit pas le courant, c’est pour cette raison qu’on le place près des installations électriques. Deux appareils qui attendaient au sol ont retrouvé leur place sur des supports neufs. Les anciens extincteurs sont partis au recyclage.
Les réserves ont été levées avant la date de la commission.
Ce n’était pas le seul mouvement de matériel sur le site. Un autre lot a été posé dans l’établissement, trente-deux extincteurs à eau de 6 litres sans fluor et deux extincteurs à poudre ABC de 9 kg. Le suivi de ces appareils relève de la maintenance des extincteurs, avec une vérification chaque année.
Le désenfumage qui ne s’ouvrait pas
En mai, dans l’un des bâtiments, le coffret de commande du désenfumage a été trouvé déclenché. Les quatre exutoires de la toiture, eux, restaient fermés. Un exutoire est un lanterneau qui s’ouvre en cas d’incendie pour laisser sortir la fumée et la chaleur par le haut du bâtiment. Vu d’en bas, l’installation avait fonctionné. Vu d’en haut, rien n’avait bougé.
Le diagnostic a mis au jour plusieurs défauts qui s’ajoutaient les uns aux autres. Un câble s’était désolidarisé de son lanterneau. Trois lanterneaux avaient été condamnés depuis la toiture par des vis autoperceuses, ce qui les empêchait de s’ouvrir quelle que soit la commande. Le treuil pneumatique était hors service.
Nous avons retiré les vis, reconnecté le câble, remplacé le treuil puis réarmé le coffret. À l’essai, trois ouvrants sur quatre se sont ouverts.
Le quatrième a un vérin hors service. Son remplacement est prévu dans un chantier plus large, le remplacement complet du désenfumage de ce bâtiment, avec quatre exutoires neufs et une armoire de commande, que le client a commandé. Changer ce vérin seul aurait fait double emploi avec ce chantier.
La maintenance de ces installations relève de la norme NF S 61-933. En juillet, quatre autres équipements de désenfumage du site ont été vérifiés, et aucun défaut n’a été relevé.
Les robinets d’incendie à remplacer
Le même mois, deux anciens robinets d’incendie armés ont été démantelés. À leur place, nous avons posé deux RIA neufs de diamètre DN 25 avec 30 mètres de tuyau, l’un pivotant, l’autre fixe. Leur fabricant les marque NF EN 671-1, la norme des robinets équipés de tuyaux semi-rigides. Ce type de tuyau garde sa forme ronde, si bien qu’une seule personne peut s’en servir sans le dérouler entièrement.
Le pivotant et le fixe ne répondent pas à la même contrainte. Le premier pivote pour sortir de sa niche et suivre la direction du déroulement, le second reste dans l’axe de son support. Le choix de l’un ou de l’autre dépend de la place disponible et du sens dans lequel le tuyau devra partir.
Les piquages ont été adaptés, puis les deux postes ont été mis en service. Les pressions relevées étaient de 3,5 et 4 bars en statique, c’est-à-dire robinet fermé, et de 1,5 bar en dynamique, quand l’eau circule dans le tuyau. Ces valeurs serviront de point de comparaison lors des vérifications suivantes, ce qui est plus parlant qu’un simple « fonctionne ». Le détail de ce métier se trouve sur notre page consacrée aux RIA.
Octobre, un plateau de bureaux à Clichy
Changement d’échelle en octobre 2026, à Clichy, sur un plateau de bureaux. Les sept anciens extincteurs ont été déposés et repris pour dénaturation, c’est-à-dire vidés et démontés pour que le corps et l’agent extincteur partent chacun dans leur filière. Nous avons posé à leur place neuf extincteurs à eau de 6 litres sans fluor, puis deux extincteurs au CO2 de 2 kg au droit des tableaux électriques, avec leur signalisation.
Les quantités posées ne sont pas celles du devis de départ. Le relevé fait lors du premier passage les a ajustées. Les parties communes de l’immeuble n’étaient pas concernées par cette commande.
Ce que cela veut dire pour votre site
Si un bureau de contrôle vous a laissé des réserves avant une commission, transmettez-nous son rapport en premier. À Rueil-Malmaison, chaque réserve désignait un appareil et un défaut, l’âge, l’état, l’absence de support, la date de la dernière vérification. Une liste écrite de cette façon se traite ligne par ligne, et sa levée se prouve de la même manière, dans votre registre de sécurité.
Lors de votre prochaine vérification du désenfumage, demandez à voir chaque ouvrant ouvert, pas seulement le coffret déclenché. Dans ce bâtiment de Rueil-Malmaison, le coffret était déclenché et aucun des quatre exutoires n’était ouvert. Les défauts ne se voyaient pas sur le coffret, ils étaient sur le toit.
Enfin, sur un plateau de bureaux comme sur un site de plusieurs bâtiments, les quantités se fixent sur place. Le devis en ligne donne un premier ordre d’idée à partir de ce que vous savez de vos locaux, et une visite gratuite de relevé le corrige quand les lieux le demandent, comme à Clichy.